Top 30 — Cubisme
Les peintres cubistes célèbres
Picasso, Braque, Léger, Gris, Delaunay et 25 autres maîtres de la géométrie
En 1907, Picasso peint Les Demoiselles d'Avignon. Cinq femmes nues, des masques africains, des corps anguleux. Cinq ans plus tard, avec Braque, il invente une grammaire visuelle qui va dynamiter la perspective occidentale. Sélection de 30 peintres qui ont fait, déformé, ou prolongé cette révolution : les pères fondateurs, les Sections d'or, l'orphisme de Delaunay, le suprématisme russe, les sculpteurs, les femmes qu'on a trop longtemps oubliées. Pour chaque peintre, une notice biographique, un portrait, une œuvre emblématique et le lien direct vers ses reproductions.
De Cézanne à Tatline, de Paris à Moscou
Contexte
Le cubisme : quand la perspective se met en pièces
Le cubisme naît à Paris entre 1907 et 1914, lorsque Picasso et Braque, lassés de la perspective renaissante, décident de montrer un objet sous plusieurs angles à la fois. Cézanne, mort en 1906, avait préparé le terrain en fragmentant ses Sainte-Victoire en plans parallèles. Le mouvement explose en deux phases : le cubisme analytique (1909-1912), monochrome, presque abstrait, puis le cubisme synthétique (1912-1914), plus coloré, qui introduit les collages. Delaunay, Léger, Gleizes et Metzinger prolongent l'aventure en France. Malevitch, Tatline, Lissitzky la poussent vers l'abstraction totale à Moscou. Le cubisme n'est pas un style : c'est une grammaire, et c'est probablement la dernière grande grammaire commune de l'art occidental.
Classement
Les 30 peintres cubistes à (re)découvrir
Du précurseur Cézanne aux suprématistes russes, en passant par les orphistes et les sculpteurs : notre sélection ordonnée par ordre d'influence historique, pas de qualité intrinsèque.
- #01 Pablo Picasso
- #02 Georges Braque
- #03 Paul Cézanne
- #04 Juan Gris
- #05 Fernand Léger
- #06 Robert Delaunay
- #07 Sonia Delaunay
- #08 Jacques Villon
- #09 Raymond Duchamp-Villon
- #10 Marcel Duchamp
- #11 Albert Gleizes
- #12 Jean Metzinger
- #13 Henri Le Fauconnier
- #14 Roger de La Fresnaye
- #15 André Lhote
- #16 Auguste Herbin
- #17 Amédée Ozenfant
- #18 Le Corbusier
- #19 André Mare
- #20 Léon Bakst
- #21 Ivan Puni
- #22 Lyubov Popova
- #23 Nadezhda Udaltsova
- #24 Olga Rozanova
- #25 Kazimir Malevich
- #26 Vladimir Tatline
- #27 El Lissitzky
- #28 Alexander Archipenko
- #29 Jacques Lipchitz
- #30 Henri Laurens
Top 30
Les 30 notices
#01Pablo Picasso
Né le 25 octobre 1881 à Málaga, dans une famille où son père enseigne le dessin, Pablo Ruiz Picasso manifeste très tôt un talent exceptionnel. Après une formation classique à La Corogne, il s'installe à Barcelone en 1895, où il entre à l'École des beaux-arts, puis rejoint Madrid à la Real Academia de San Fernando. La bohème montmartroise l'accueille dès 1904, et c'est dans l'effervescence du Bateau-Lavoir que sa rencontre avec Georges Braque, en 1907, scelle la naissance du cubisme. L'année 1907 marque un tournant décisif : Les Demoiselles d'Avignon, avec ses figures anguleuses et ses masques ibériques, préfigure la révolution qui va éclater. Associé à Braque, Picasso multiplie les expériences sur la déconstruction de l'espace et de la perspective, donnant naissance à une grammaire visuelle entièrement nouvelle. En 1937, répondant au bombardement de Guernica par l'aviation allemande, il compose son chef-d'œuvre éponyme, immense toile muraliste exposée au pavillon espagnol de l'Exposition universelle de Paris, devenue l'un des cris les plus puissants de l'art engagé du XXe siècle. Tout au long d'une carrière prolifique — plus de vingt mille œuvres —, le peintre n'a cessé de se renouveler, passant du bleu au rose, du cubisme analytique au cubisme synthétique, puis au surréalisme et au néoclassicisme. Installé dans le sud de la France après la Seconde Guerre mondiale, il s'éteint le 8 avril 1973 à Mougins, laissant une œuvre foisonnante qui a redéfini les frontières mêmes de la peinture. Son héritage demeure immense : avec Braque, il a ouvert la voie à l'abstraction et à toutes les avant-gardes du XXe siècle, prouvant que la modernité passait par le courage de briser les codes.
#02Georges Braque
Georges Braque est né à Argenteuil en 1882 et mort à Paris en 1963. Il est l'un des pères fondateurs du cubisme, mouvement qui a radicalement transformé la peinture du XXe siècle. Issu d'une famille de peintres et de décorateurs, il s'initie à l'art dès l'adolescence dans l'atelier paternel d'Argenteuil, puis part suivre les cours de l'Académie Humbert à Paris à partir de 1900. Il y rencontre Othon Friesz et Raoul Dufy, avec qui il partage un atelier à La Ruche. Ses premières œuvres sont marquées par le fauvisme, des paysages flamboyants aux couleurs pures, réalisés notamment à L'Estaque en 1906. La rencontre décisive avec l'œuvre de Cézanne, lors d'une rétrospective au Salon d'Automne de 1907, bouleverse sa vision. L'année suivante, à L'Estaque et à La Roche-Guyon, il entreprend de réduire les formes à leurs structures géométriques essentielles, donnant naissance à des paysages cubistes fondateurs comme Maisons et arbre (1908). En 1909, il rencontre Pablo Picasso au Bateau-Lavoir : une amitié artistique s'installe, et les deux peintres inventent ensemble l'esthétique cubiste. Braque y introduit le célèbre procédé des papiers collés (1911) et signe en 1911 Le Portugais, bouleversant l'art moderne. Au-delà de la « période cristalline » (1910-1914), Braque renouvelle sans cesse son langage : la guerre et le célèbre événement de 1914 (sa blessure au crâne à Carency) interrompent provisoirement sa trajectoire. Il revient à la figuration dans les années 1920, puis explore, au fil des décennies, des séries fécondes (ateliers, billard, oiseaux, barques) où la couleur reprend ses droits tout en conservant l'acuité cubiste. Le Musée Georges Braque, inauguré au Havre en 1974 dans sa maison natale, témoigne de sa renommée. Son …
#03Paul Cézanne
Paul Cézanne (1839-1906) est le précurseur absolu du cubisme, et l'un des peintres les plus importants de l'art moderne. Né à Aix-en-Provence dans une famille de commerçants enrichis, il s'installe à Paris en 1861 pour étudier la peinture, mais conserve un attachement profond à sa Provence natale qui marquera toute son œuvre. Sa première période, sombre et dramatique, est marquée par La Femme à la cafetière (1867) et Une moderne Olympia (1873), des compositions passionnées qui surprennent par leur intensité. Il participe à la première exposition impressionniste de 1874 aux côtés de Pissarro, mais s'en écarte rapidement. À partir des années 1880, Cézanne développe ce que les historiens de l'art ont appelé le cubisme cézannien : des natures mortes où la profondeur est obtenue par le passage progressif des couleurs, des portraits géométriques, et surtout des vues de la Montagne Sainte-Victoire traitées en plans parallèles. Ces recherches formelles inspirent directement Picasso et Braque après 1907. Ses œuvres tardives, dont Les Grandes Baigneuses (1900-1906) et la série des Sainte-Victoire (1902-1906), ont influencé presque tous les peintres du XXe siècle, des cubistes aux abstraits. Cézanne est mort à Aix en 1906, à 67 ans, après avoir été frappé par la pluie alors qu'il peignait. Picasso dira : « Cézanne est le père de nous tous ».
#04Juan Gris
Juan Gris (1887-1927), de son vrai nom José Victoriano González-Pérez, est l'un des maîtres du cubisme synthétique et l'un des plus rigoureux théoriciens de la forme cubiste. Né à Madrid dans une famille bourgeoise, il étudie à l'École des Arts et Métiers de Madrid, puis s'installe à Paris en 1906, où il vit d'abord comme illustrateur pour des journaux satiriques. Gris rencontre Picasso en 1909 et s'installe à Bateau-Lavoir. Il est le premier à théoriser explicitement le cubisme synthétique à partir de 1912, avec des compositions comme Le Lavabo, Le Compotier, et la série des Guitares. Sa démarche se distingue de celle de Picasso et Braque par une volonté de clarté et de lisibilité : Gris réduit les formes à des plans colorés nets, superposés comme des découpes de papier, en utilisant une palette plus large (ocre, rouge, vert) que ses contemporains. Mobilisé en 1914, il est réformé pour raisons de santé et se consacre à la peinture jusqu'à sa mort. Il collabore avec Diaghilev pour les Ballets russes, conçoit des décors et costumes pour les opéras La Colombe (1922) et Le Pauvre Matelot (1923). Gris meurt à Boulogne-sur-Seine en 1927, à 40 ans, épuisé par la tuberculose. Il laisse une œuvre relativement restreinte mais d'une grande cohérence. Henri Matisse dira de lui qu'il était « le plus pur de tous les cubistes ».
#05Fernand Léger
Né en 1881 à Argentan, dans le bocage normand, Fernand Léger commence sa formation comme dessinateur en architecture à Caen avant de monter à Paris en 1900. Il fréquente l'Académie Julian, l'École des Beaux-Arts et l'atelier de Gérome, où il acquiert une solide maîtrise du dessin. Sa rencontre décisive avec le cubisme se produit autour de 1907-1908, à la faveur d'une rétrospective Cézanne au Salon d'Automne qui bouleverse sa vision. Il se rapproche alors de Braque et Picasso, qu'il croise dans l'effervescence du Bateau-Lavoir et de la Ruche. Forgeant son propre langage autour de 1909-1911 — le « tubisme », inspiré des formes cylindriques des machines — il fait du volume et du mouvement les maîtres-mots de son vocabulaire. Mobilisé en 1914, il est gazé à Verdun et garde de la guerre une fascination durable pour la modernité mécanique. De retour au pinceau, il signe en 1919 "La Ville", vaste toile où des fragments tubulaires s'organisent en un panorama urbain vibrant, et en 1921 "Le Grand Déjeuner", où trois femmes hiératiques incarnent une beauté monumentale et presque publicitaire. En 1924, il conçoit les décors et costumes du ballet "La Création du monde" pour les Ballets suédois, prolongeant son dialogue avec l'avant-garde. Après son installation aux États-Unis pendant l'Occupation, il s'établit à Gif-sur-Yvette où il meurt en 1955. Son héritage irrigue aussi bien le design graphique que le Pop Art, comme en témoignent les collections du MoMA et du Musée national d'art moderne ; un musée dédié lui est consacré à Biot, dans sa lumineuse Provence tardive.
#06Robert Delaunay
Robert Delaunay naît à Paris en 1885 dans une famille bourgeoise qui ne tarde pas à se disloquer. Élevé par son oncle, il est mis en pension puis fréquente quelque temps l'atelier de peinture décorative de Léon Le Sénéchal avant d'entreprendre un long périple en Bretagne, à Belle-Île, où il découvre sur le motif la lumière changeante du littoral. Ce voyage décisif oriente ses premières recherches vers un divisionnisme vibrant, nourri de Seurat et de Signac, où la touche fragmentée prépare déjà l'éclatement de la couleur. De retour à Paris vers 1907, il s'installe à Saint-Germain-des-Prés et gravit rapidement les degrés du cercle cubiste naissant. La rencontre avec Jean Metzinger, Henri Le Fauconnier, puis la fréquentation des Batignolles autour d'André Léger, le confrontent à une tout autre grammaire plastique. Mais au moment où beaucoup s'enferment dans l'analyse monochromatique du volume, Delaunay fait un pari inverse : en 1912, soutenu par les écrits enthousiastes d'Guillaume Apollinaire, il publie son manifeste de fait, l'Orphisme, où la couleur devient le sujet même du tableau, affranchie de la description. Ses « Fenêtres simultanées » de 1912 traduisent cette révolutionnaire simultanéité des teintes, tandis que « La Ville de Paris, la femme et le Torero » ou « Les Disques simultanés » (1912-1913) font du cercle pur un véritable motif cosmique, vibrant d'une énergie presque musicale. La guerre interrompt l'élan. Écartelé entre l'Espagne et le Portugal, il s'attelle à de vastes compositions dont « La Sagaie » et les « Ronds dans la spirale ». Installé finalement à Paris avec son épouse Sonia Terk, il reçoit en 1937 la commande des immenses panneaux ornementaux du Palais de l'Air et du Palais des Chemins de fer pour…
#07Sonia Delaunay
Sonia Delaunay (1885-1979) est la figure féminine majeure du cubisme et l'inventrice de l'abstraction simultanée. Née Sarah Stern à Odessa dans une famille juive modeste, elle est adoptée par un oncle riche qui l'envoie étudier à Karlsruhe puis à Munich. À Paris en 1905, elle épouse le galeriste Wilhelm Uhde, qui la présente au cubisme naissant. En 1910, elle rencontre Robert Delaunay, dont elle divorce pour l'épouser en 1912. L'année suivante, elle réalise le premier livre simultané, La Prose du Transsibérien, long poème de Blaise Cendrars peint en couleurs fragmentées, en collaboration avec son mari. Son travail diverge rapidement de celui de Robert. Tandis qu'il peint des disques colorés (les Formes circulaires), Sonia développe l'idée de simultanéité sur les tissus, la mode, les affiches, les costumes de ballet. Elle ouvre en 1925 la boutique Casa Sonia à Madrid, puis une à Paris. Les robes qu'elle confectionne avec ses tissus géométriques habillent la Belle Époque finissante, puis l'aristocratie européenne et américaine. En 1937, elle fuit la guerre pour le Sud-Ouest, puis l'Afrique du Nord. Revenue à Paris en 1945, elle peint à nouveau pour de grandes compositions murales (le Palais de l'Air à l'aéroport de Paris en 1970). Le Louvre lui consacre une rétrospective posthume en 2001, soixante ans après celle de son mari. Sonia Delaunay est la première femme artiste vivante à exposer au Louvre en 1964, événement unique dans l'histoire du musée. Sa postérité est triple. D'abord, comme théoricienne d'un art total où la peinture dialogue avec le textile, le design, la mode. Ensuite, comme passeur entre l'avant-garde parisienne et les avant-gardes soviétiques, ce qui fait d'elle une figure majeure du cubo-futurisme. Enf…
#08Jacques Villon
Jacques Villon (1875-1963), de son vrai nom Gaston Émile Duchamp, est un peintre et graveur français majeur du XXe siècle, frère de Raymond Duchamp-Villon et de Marcel Duchamp. Né à Damville en Normandie, il s'installe à Paris en 1894 et fréquente l'Académie Julian, où il se lie avec les frères Duchamp et avec Picabia. Villon se distingue d'abord comme graveur. Ses eaux-fortes de 1910-1914, en particulier la série Les Bois de Vernon, le rendent célèbre. Il rencontre les cubistes en 1911 et participe au Salon de la Section d'Or de 1912, où il expose La Partie de cartes, considérée comme l'une des premières grandes œuvres cubistes. Sa peinture des années 1920 évolue vers un cubisme plus chromatique, plus coloré, avec une prédilection pour les scènes de cirque et de spectacle. Il se rapproche ensuite du groupe Abstraction-Création, avant de revenir à la figuration dans les années 1940-1950. Villon est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1948. Il meurt à Puteaux en 1963, à 88 ans, après une longue carrière ponctuée par de nombreuses rétrospectives internationales. Plusieurs de ses œuvres sont aujourd'hui conservées au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, au MoMA de New York, et à la Tate Gallery de Londres.
#09Raymond Duchamp-Villon
Raymond Duchamp-Villon, né Pierre-Maurice-Raymond Duchamp en 1876 à Damville et mort prématurément en 1918 des suites d'une septicémie contractée pendant la Première Guerre mondiale, est l'un des sculpteurs majeurs de l'avant-garde cubiste. Issu d'une famille cultivée — il est le frère aîné de Jacques Villon et de Marcel Duchamp —, il commence par étudier la médecine à la Sorbonne avant de se tourner définitivement vers la sculpture au tournant du siècle. Établi d'abord à Puteaux puis à Neuilly-sur-Seine, il participe au mouvement d'art moderne naissant. L'année 1911 marque un tournant décisif : il expose aux Salons des Indépendants et d'Automne, rencontre alors le groupe de Gleizes, Metzinger, Léger, Picabia et son propre frère Jacques, qui gravitent autour de la Section d'Or. Cette rencontre avec le cubisme l'électrise : il abandonne la figuration héritée de Rodin pour façonner des volumes où la masse se fragmente, se contracte, s'organise selon une géométrie dynamique. Parmi ses œuvres majeures figurent "Les Amoureux" (1912), bronze où deux corps s'embrassent dans un équilibre de facettes et de plans concaves, et surtout "Le Cheval majeur" (1914), véritable manifeste sculptural où l'animal, décomposé en plans imbriqués, semble à la fois immobile et traversé par un galop intérieur. Cette pièce, exposée aux États-Unis en 1913 lors de l'Armory Show, devient l'icône d'une sculpture en mouvement. Sa mort précoce à l'hôpital militaire du Cannet interrompt une trajectoire fulgurante. Pourtant, l'influence de Duchamp-Villon sur la sculpture du XXe siècle reste considérable, préfigurant par ses tensions dynamiques le constructivisme et même certaines recherches cinétiques contemporaines.
#10Marcel Duchamp
Marcel Duchamp naît le 28 juillet 1887 à Blainville-Crevon, en Normandie, dans une famille où l'art semble couler de source : son père était notaire, mais son grand-père maternel, Émile Nicolle, peintre et graveur, l'initie très jeune au dessin. Après des études secondaires au lycée de Rouen, il s'installe à Paris en 1904 et tente sans grand enthousiasme de devenir artiste selon les règles académiques — il peint quelques œuvres post-impressionnistes, notamment un Portrait du père Ubu (1911) traversé de réminiscences fauvistes. La rencontre décisive avec le cubisme se produit en 1911, lorsqu'il découvre l'atelier de Jacques Villon à Puteaux et croise, à côté de lui et de Raymond Duchamp-Villon, son frère, les frères Duchamp, Picabia et certains cubistes. Fasciné par la décomposition des formes et la multiplicité des points de vue, il s'approprie ce langage neuf tout en le poussant vers une dimension dynamique. En 1912, il expose Le Passage de la Virginie à New York, puis, surtout, achève cette même année une œuvre qui fait sensation : Nu descendant un escalier n° 2, refusé au Salon des Indépendants la même année, où il superpose, en un mouvement continu, les phases successives de la descente d'un corps, conjuguant ainsi cubisme et futurisme. Dès lors, Duchamp ne cesse d'interroger les frontières de l'art. En 1913, il réalise la première œuvre « ready-made » — une roue de bicyclette fixée à un tabouret, intitulée Roue. Surnommé par ses contemporains le « père de l'art conceptuel », Duchamp a profondément renouvelé notre manière de penser la création : son héritage, celui d'un geste libre et ironique, hante encore aujourd'hui la peinture, la sculpture et l'installation contemporaines.
#11Albert Gleizes
Albert Gleizes naît à Paris en 1881 dans une famille de tapissiers décorateurs. Élève médiocre, il s'engage très jeune dans l'aventure artistique, multipliant les petits emplois tout en dessinant sans relâche. Autodidacte, il s'initie à la peinture en copiant les maîtres au Louvre et expose dès 1902 au Salon des Indépendants. La rencontre décisive se produit en 1908-1909, lorsque Gleizes découvre Cézanne et les travaux de Picasso et Braque. Il développe alors un cubisme personnel, plus coloré et plus lyrique que celui de ses aînés. En 1911, il expose au Salon des Indépendants « L'Homme au balcon » (Man on a Balcon), manifeste du nouveau mouvement. La même année, il cofonde le groupe de la Section d'Or avec Jacques Villon, Marcel Duchamp, Jean Metzinger et Fernand Léger. En 1912, il publie avec Metzinger « Du « Cubisme » », premier texte théorique de référence sur le mouvement. Son œuvre majeure, « Les Baigneuses » (1912), illustre cette synthèse entre structure géométrique et liberté chromatique. Mobilisé puis blessé durant la Première Guerre mondiale, Gleizes se tourne après-guerre vers la spiritualité. Converti au catholicisme, il peint de grandes compositions religieuses et fonde en 1927 la communauté d'artistes de Moly-Sabata en Dauphiné. Gleizes s'éteint à Avignon en 1953, laissant une œuvre abondante et une réflexion théorique féconde. Son rôle de passeur, entre rigueur analytique et quête spirituelle, a profondément nourri l'abstraction géométrique du XXe siècle.
#12Jean Metzinger
Jean Metzinger (1883-1956) est un théoricien central du cubisme et l'un des peintres les plus rigoureux de la Section d'Or. Né à Nantes dans une famille d'officiers, il s'installe à Paris en 1903 après des études de médecine avortées. Il rencontre Gleizes, Lhote et Le Fauconnier au Bateau-Lavoir en 1907, et participe à l'aventure des Salons indépendants. En 1909, il expose au Salon des Indépendants une nature morte d'une nouveauté saisissante : les objets sont fragmentés selon plusieurs points de vue simultanés, et les couleurs sont rompues en touches prismatiques. Metzinger n'est pas qu'un peintre. En 1912, il publie avec Albert Gleizes le premier traité théorique du cubisme, Du Cubisme, qui formalise les recherches de Picasso, Braque, Léger et Gris. Ce livre devient la référence du mouvement. La même année, il signe Les Baigneuses, tableau manifeste conservé au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, où cinq femmes nues sont traitées en plans transparents et colorés. Mobilisé en 1914, il est blessé et reprend la peinture en 1919 dans un style plus classique, plus décoratif. Il expose régulièrement à Paris, New York et Londres, devient critique d'art pour la revue L'Esprit Nouveau. Il continue à peindre jusqu'à sa mort en 1956, à Paris, dans un style de plus en plus géométrique, influençant la jeune génération de l'abstraction géométrique. Son apport principal tient à la théorisation du cubisme. Si Picasso et Braque sont les inventeurs pratiques du mouvement, Metzinger et Gleizes en sont les formulateurs. La postérité de Metzinger est aussi celle d'un pédagogue qui a enseigné la géométrie cubiste à plusieurs générations d'artistes.
#13Henri Le Fauconnier
Henri Le Fauconnier (1881-1921) est un peintre cubiste de la première génération, célèbre pour ses compositions monumentales aux figures massives. Né à Hesdin dans le Pas-de-Calais dans une famille de la bourgeoisie provinciale, il étudie le droit à Paris avant de se tourner vers la peinture en 1901. Il entre à l'Académie Julian puis à l'Académie de la Palette, où il rencontre Jean Metzinger et André Dunoyer de Segonzac. Le Fauconnier participe au Salon des Indépendants de 1907 et au Salon d'Automne de 1908, où il expose une grande composition figurative. En 1910, il expose au Salon des Indépendants le Portrait de l'artiste et de sa femme, toile massive aux formes simplifiées qui fait sensation et qui annonce le cubisme cézannien. Il participe l'année suivante au Salon de la Section d'Or aux côtés de Gleizes, Metzinger, Léger, La Fresnaye et Duchamp-Villon. De 1912 à 1914, il enseigne à l'Académie de la Palette, où il a pour élèves Léger, Ozenfant et Le Corbusier. Cette période est décisive pour la diffusion du cubisme à la jeune génération. Mobilisé pendant la guerre, Le Fauconnier s'installe ensuite en Bretagne et peint des paysages plus lyriques, plus colorés, sans abandonner la synthèse géométrique. Mort en 1921 à Paris, Henri Le Fauconnier laisse une œuvre relativement restreinte mais importante. Son apport tient à la fois à la peinture de chevalet monumentale, à l'enseignement (qui a formé Léger, Ozenfant et Le Corbusier), et à son rôle dans l'organisation de la Section d'Or, première exposition de groupe du cubisme.
#14Roger de La Fresnaye
Roger de La Fresnaye (1885-1925) est un peintre cubiste français d'une grande sensibilité, connu pour son traitement de la couleur et son mélange subtil entre abstraction et figuration. Né au Mans dans une famille de la vieille aristocratie normande, il s'installe à Paris en 1903 et étudie à l'Académie Julian, puis à l'Académie Ranson où il a pour maîtres Paul Sérusier et Maurice Denis. La Fresnaye rencontre Robert Delaunay en 1910 et s'oriente vers le cubisme. Il expose aux Salons d'Automne et des Indépendants de 1911, puis au Salon de la Section d'Or en 1912, où il présente Les Conquérants et L'Homme à la pipe, œuvres majeures du cubisme synthétique. Sa période la plus féconde s'étend de 1912 à 1914. Il peint alors des compositions colorées (La Vie conjugale, Le Cavalier polonais) où l'influence de Delaunay est palpable, mais sa touche personnelle se distingue par une élégance, une préciosité qui rappellent Dufy. Mobilisé en 1914, La Fresnaye est rapidement réformé pour tuberculose, maladie dont il souffrira jusqu'à sa mort. Ses dernières années sont marquées par une peinture plus figurative, plus sereine, où la géométrie s'adoucit. Il meurt à Grasse en 1925, à 40 ans, et laisse un petit nombre d'œuvres très abouties. Plusieurs sont aujourd'hui conservées au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, au Centre Pompidou, et au Musée des Beaux-Arts de Nantes.
#15André Lhote
André Lhote naît à Bordeaux en 1885 dans une famille modeste. Sa vocation se révèle tôt, mais c'est en autodidacte qu'il s'initie au dessin avant de fréquenter l'École des beaux-arts de sa ville natale. Il s'installe à Paris en 1906, attiré par la vie artistique de la capitale. La rencontre décisive avec le cubisme survient vers 1910, lors de la rétrospective Cézanne au Salon d'Automne. Lhote s'empare alors de ce langage nouveau et adhère dès 1912 à la Section d'Or, aux côtés de Gleizes, Metzinger ou Duchamp. Contrairement à l'austérité analytique de Picasso et Braque, il en propose une variante plus colorée, plus lyrique, où la figure reste lisible : un cubisme de synthèse souvent qualifié de « décoratif ». Parmi ses œuvres marquantes figurent Les Bords de la Marne (1911), où s'esquisse sa griffe, et surtout Rugby (1917), tableau emblématique d'un cubisme appliqué au mouvement sportif, vibrant de fragments colorés. Plus tard, ses compositions de ports, de nus et de scènes de plage confirmeront cette veine d'un modernisme charnel. Théoricien autant que praticien, Lhote publie en 1922 un traité « Cubisme » qui fait autorité. Il ouvre également une académie rue d'Odessa où se pressent, jusqu'aux années 1950, des élèves aussi divers que Tamara de Lempicka ou Henri Cartier-Bresson. Critique d'art influent, il défend une modernité ouverte, nourrie de tradition classique. Sa postérité, longtemps minorée au profit des pionniers du mouvement, connaît un regain d'intérêt depuis les années 2000. Son héritage réside dans cette preuve qu'un cubisme figuratif, charnel et coloré pouvait dialoguer avec le grand public sans rien perdre
#16Auguste Herbin
Auguste Herbin (1882-1960) est un peintre français majeur, figure de transition entre le cubisme et l'abstraction géométrique. Né à Quiévy dans le Nord, il s'installe à Paris en 1901 et étudie à l'École des Beaux-Arts de Lille, puis à l'Académie de la Palette où il rencontre Metzinger et Le Fauconnier. Herbin participe aux Salons d'Automne et des Indépendants à partir de 1906, expose au Salon de la Section d'Or en 1912. Ses premières toiles cubistes, à dominante bleue, ont la fluidité aquarellée des œuvres de la Section d'Or. Mobilisé en 1914, il est blessé et reprend la peinture en 1918 dans un style plus coloré, plus dense. En 1925, il se rapproche du groupe d'Abstraction-Création. Il abandonne progressivement la figuration et développe à partir de 1935 une grammaire géométrique personnelle basée sur des lettres de l'alphabet phonétique, formalisée dans son essai L'Art non-figuratif, non-objectif (1949). Herbin meurt à Paris en 1960, à 78 ans. Plusieurs de ses œuvres sont aujourd'hui conservées au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, au Centre Pompidou, et au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg. Le musée de Cambrai, sa ville natale, a été rénové en 2010 et porte aujourd'hui son nom.
#17Amédée Ozenfant
Né à Saint-Quentin en 1886, Amédée Ozenfant grandit dans une famille d'artistes et s'initie très jeune à la peinture. Élève à l'académie de La Palette puis à l'académie Julian, il s'initie aux avant-gardes parisiennes et expose dès 1911 au Salon des Indépendants, côtoyant les cercles cubistes naissants. Sa rencontre décisive avec Charles-Édouard Jeanneret — futur Le Corbusier — en 1915 marque un tournant capital : ensemble, ils fondent en 1918 la revue L'Esprit nouveau et théorisent le purisme dans le manifeste Après le cubisme, qui propose une synthèse rigoureuse entre l'héritage cubiste et une esthétique de l'objet industriel. Ozenfant déploie dès lors une œuvre fondée sur la géométrie des formes, la palette sobre et la célébration des objets du quotidien. Parmi ses tableaux majeurs, Nature morte à la pile d'assiettes et La bouteille de vin, datés de 1921, illustrent cette quête d'un art pur, épuré, presque architectural. En 1923, il achève La Ville, vaste composition monumentale présentée à l'Exposition internationale des Arts décoratifs, qui condense sa vision d'une métropole moderne. Cofondateur des Ateliers d'art moderne, il enseigne également et publie Art et industrie en 1928, plaidant pour un renouvellement du langage pictorique. Contraint à l'exil en 1938, il s'installe à New York et y fonde l'Ozenfant School of Fine Arts, qui formera plusieurs générations d'artistes américains. Revenu en France au début des années 1950, il poursuit son œuvre jusqu'à sa mort
#18Le Corbusier
"Né en 1887 à La Chaux-de-Fonds sous le nom de Charles-Édouard Jeanneret, le futur Le Corbusier reçoit sa première formation artistique à l'École d'art local, dans l'atelier du ciseleur Charles L'Éplattenier, qui lui transmet le goût rigoureux de l'art décoratif et de la nature jurassienne. Ses premiers voyages en Italie (1907), à Paris où il collabore avec les frères Perret, puis à Berlin auprès de Peter Behrens, affinent sa culture du métier et de la géométrie. Mais la rencontre décisive survient à Paris, vers 1910 : le jeune Suisse y découvre les œuvres de Braque et de Picasso, ces « petites cubes » qui bouleversent la représentation traditionnelle. La guerre ralentit sa production sans éteindre sa curiosité. En 1917, la rencontre avec le peintre Amédée Ozenfant le décide à se vouer entièrement à la peinture. Ensemble, ils élaborent ce qu'ils nomment le purisme, une synthèse qui entend dépasser le cubisme par un retour à l'ordre, aux volumes nets et aux couleurs pures. En 1920, la fondation de la revue L'Esprit Nouveau et l'exposition conjointe à la galerie Thomas, accompagnée du manifeste *Après le cubisme*, marquent leur entrée officielle sur la scène parisienne. Le Corbusier adopte alors son pseudonyme, dérivé de son grand-père maternel. Ses compositions de cette période — *Nature morte à la pile de journaux* (1920), *Le Bol rouge* (1920) — témoignent d'une recherche de la modernité à travers des objets familiers élevés à la dignité du grand art. Par-delà la peinture, Le Corbusier impose sa vision dans l'architecture du XXᵉ siècle..."
#19André Mare
Né en 1885 à Argentan, André Mare grandit dans une Normandie encore toute vibrante de lumière impressionniste. Élève de l'Académie Julian, puis de l'atelier de Fernand Humbert à l'École des Beaux-Arts de Paris, le jeune peintre se forme d'abord à une tradition post-impressionniste nourrie de Cézanne, avant de fréquenter, autour de 1908, les cercles d'avant-garde qui se réunissent à Puteaux chez les frères Duchamp et Jacques Villon. La rencontre décisive avec le cubisme se situe en 1911-1912 : Mare rejoint le groupe de la Section d'Or, exposé chez la galerie La Boétie au printemps 1912, aux côtés de Gleizes, Metzinger, Léger, La Fresnaye ou Duchamp. Fasciné par la géométrie des volumes, il n'adopte pourtant pas la rigueur froide de l'analyse : sa palette reste vibrante, ses formes tendent vers un lyrisme chromatique qui rappelle l'héritage du fauvisme. Parmi ses œuvres marquantes figurent La Bergère (1912), figure synthétique aux plans colorés, ainsi que ses panneaux pour l'appartement-atelier du peintre André Mare à Paris, véritables manifeste du cubisme décoratif. En 1924, il signe les décors et costumes de La Boutique fantasque pour les Ballets russes de Diaghilev, confirmant son talent de scénographe. Mobilisé pendant la Grande Guerre, il revient durablement marqué au physique comme au moral. Épuisé, André Mare s'éteint prématurément en 1932 à Paris, laissant une œuvre inachevée. Son héritage, longtemps éclipsé par les figures tutélaires de Picasso et Braque, connaît un regain d'intérêt depuis les années 2000 : on redécouvre en lui un passeur essentiel entre le cubisme analytique et ses applications ornementales, un coloriste qui sut conjuguer l'austérité de la construction à la joie du décor.
#20Léon Bakst
Léon Bakst, né Lev Samoïlovitch Rosenberg en 1866 à Grodno et mort à Paris en 1924, fut l'un des créateurs les plus flamboyants de la Russie artistique du début du XXe siècle. À distinguer toutefois : Bakst n'appartint pas au cubisme, mouvement contemporain animé par Picasso et Braque ; son univers, nourri de symbolisme, d'Art nouveau et du groupe Mir iskoustva, relève d'une tout autre sensibilité. Formé à l'Académie impériale des arts de Saint-Pétersbourg, puis à Paris chez Carolus-Duran, il se lie d'amitié avec Alexandre Benois et Serge de Diaghilev. Avec eux, il cofonde en 1898 la revue Mir iskoustva (« le Monde de l'art »), foyer d'un renouveau esthétique russe hostile à l'académisme. La rencontre décisive avec Diaghilev, en 1909, fait basculer sa carrière : il devient le décorateur et costumier attitré des Ballets russes, où il déploie un orientalisme luxuriant, tout en velours, plumes et ors. Ses costumes pour Chéhérazade (1910) provoquent un véritable scandale sensuel à l'Opéra de Paris et imposent un style new-look dont Cocteau s'inspirera. Suivent, la même année, les plumes incandescentes de L'Oiseau de feu pour Stravinski, puis Narcisse (1911) et L'Après-midi d'un faune (1912), partitions visuelles où l'érotisme mythologique le dispute à la précision archéologique. Établi à Paris à partir de 1912, Bakst exerce une influence considérable sur la haute couture et les arts décoratifs, Paul Poiret lui empruntant palettes et drapés. Peintre de la séduction autant que de la scène, il laisse une empreinte durable sur l'esthétique du spectacle.
#21Ivan Puni
Ivan Pouni (1892-1956), connu aussi sous le nom français de Jean Pougny, est l'une des figures les plus singulières de l'avant-garde russe. Né à Kuokkala, en Finlande russe, il commence ses études artistiques à l'École de peinture, de sculpture et d'architecture de Moscou, où il fréquente notamment Ilia Machkov et les futuristes russes. Le tournant décisif de sa carrière survient en 1912-1913, lors de son premier séjour à Paris. Il y découvre le cubisme dans l'atelier d'André Lhote, fréquente Ossip Zadkine et rencontre indirectement l'œuvre de Picasso et de Braque. Cette rencontre avec la géométrie fragmentée et la palette sourde de l'avant-garde parisienne bouleverse son approche : il intègre la déconstruction cubiste à son propre langage, tout en conservant une sensibilité plus lyrique. De retour en Russie, il participe à la fondation du groupe Supremus avec Kasimir Malevitch en 1915, et réalise des œuvres comme Le Lavoir ou Le Cercueil, où la rigueur cubiste se teinte d'une atmosphère quasi métaphysique. Dans les années 1920, après son passage par Berlin, il s'installe définitivement à Paris en 1924. Sa période française est marquée par des natures mortes aux formes structurées — parmi lesquelles Nature morte à la samovar (1923) — où il réconcilie l'héritage cubiste avec une touche plus colorée et figurative. Longtemps oublié, Pougny fait l'objet d'une redécouverte majeure depuis les années 1970. Son rôle de passeur entre Paris et Moscou, son dialogue fécond avec Malevitch et
#22Lyubov Popova
Lyubov Popova (1889-1924) est une figure majeure du constructivisme russe et l'une des artistes féminines les plus radicales de l'avant-garde soviétique. Née à Ivanovskoe près de Moscou dans une famille d'intellectuels, elle étudie l'art à Moscou puis à Paris en 1912-1913, où elle fréquente les ateliers de Le Fauconnier et de Metzinger. De retour à Moscou, elle adhère au groupe Jack of Diamonds, expose aux côtés de Malevitch, Tatline et Rozanova, et signe en 1914 les manifestes du cubo-futurisme russe. En 1915, elle rejoint le groupe Supremus de Malevitch. Elle évolue alors vers un style non-objectif radical, ses dernières peintures (La Tour de Telveth, Jeune Fille + espace) étant parmi les œuvres les plus abouties du suprématisme tardif. Après 1921, elle abandonne la peinture de chevalet pour se consacrer au constructivisme productiviste : elle conçoit des textiles, des costumes, des affiches, et notamment le décor et les costumes du dramaturge Meyerhold pour Le Terre Vaine de Treniov (1923). Popova meurt à Moscou en 1924 de la scarlatine, à 35 ans, après seulement six ans de carrière indépendante. Elle laisse une œuvre relativement restreinte mais extrêmement cohérente, qui parcourt en peu de temps le cubisme, le cubo-futurisme, le suprématisme et le constructivisme. Plusieurs de ses peintures sont aujourd'hui conservées au Musée Russe de Saint-Pétersbourg, au Tretyakov, et au Musée d'Art Moderne de New York. La Tate Modern lui a consacré une rétrospective en 2017.
#23Nadezhda Udaltsova
Nadezhda Udaltsova (1886-1985) est une figure majeure du cubo-futurisme russe et l'une des rares femmes peintres de l'avant-garde soviétique à avoir survécu aux purges. Née à Orel dans une famille d'instituteurs, elle entre en 1907 à l'École de peinture, sculpture et architecture de Moscou, où elle rencontre Lyubov Popova, sa compagne de vie pendant plusieurs années. En 1912, elle séjourne à Paris et visite l'atelier de Le Fauconnier, puis celui de Metzinger. Revenue à Moscou, elle participe aux premières expositions du groupe Jack of Diamonds (Bubnovy Valet) en 1912, et signe des manifestes cubo-futuristes avec Malevitch, Tatline et Popova. Son style combine les leçons du cubisme français (plans transparents, fragmentation) avec le dynamisme des futuristes italiens et russes (rotation, vitesse). En 1916, elle épouse le peintre Alexandre Drevin. Tous deux rejoignent le groupe Supremus de Malevitch, puis s'orientent vers le constructivisme productiviste après la Révolution. Udaltsova enseigne à l'école Vkhoutemas (l'équivalent soviétique du Bauhaus) et signe les manifestes constructivistes sans toutefois adhérer au productivisme pur de Tatline. Les années 1930 sont terribles. Drevin est arrêté en 1931 et exécuté en 1937 dans le cadre des Grandes Purges. Udaltsova est arrêtée à son tour en 1937 et détenue jusqu'en 1941. Elle est ensuite assignée à résidence en Sibérie, puis autorisée à revenir à Moscou en 1954. Elle meurt en 1985 à Moscou, réhabilitée, exposée au Musée d'État et au Tretyakov. Son apport à l'histoire du cubisme tient à la synthèse originale qu'elle opère entre cubisme français, futurisme italien et traditions iconographiques russes. Plusieurs de ses œuvres cubo-futuristes sont aujourd'hui conservées au Musée Russe de Saint-Pétersbourg.
#24Olga Rozanova
Olga Rozanova (1886-1918) est une peintre russe de l'avant-garde, figure pionnière du cubo-futurisme et du suprématisme. Née à Vladimir dans une famille d'intellectuels, elle étudie à l'École d'art de Moscou à partir de 1904. Elle participe dès 1910 aux expositions du groupe Jack of Diamonds, expose au Salon des Indépendants de Paris en 1914, et rencontre les futuristes italiens Marinetti et Carrà. En 1912-1913, Rozanova développe un style cubo-futuriste personnel qui mêle la fragmentation cubiste, le dynamisme futuriste, et l'iconographie populaire russe (lubki). Ses compositions de cette période, aujourd'hui au Musée Russe de Saint-Pétersbourg, montrent des figures en mouvement traitées en plans colorés, avec des lettrages russes intégrés aux compositions. À partir de 1915, elle collabore avec le poète Alexeï Kruchenykh et produit les premiers livres futuristes russes, dont l'anthologie Te li le (1914) et le recueil d'illustrations War (1916). Ces ouvrages, taillés dans le bois, mêlent poésie sonore et images abstraites dans une entreprise voisine du calligraphisme de Kandinsky. En 1916, elle rejoint le groupe Supremus de Kazimir Malevitch. Malevitch l'influe profondément : ses dernières peintures, réalisées juste avant sa mort en 1918, sont des compositions non-objectives proches du suprématisme. Olga Rozanova meurt à Moscou en 1918 de la diphtérie, à 31 ans, après avoir traversé en moins de dix ans le cubisme, le futurisme, le rayonnisme, le cubo-futurisme et le suprématisme. Son apport à l'art du XXe siècle est aujourd'hui réévalué, et plusieurs rétrospectives lui ont été consacrées au Musée Russe.
#25Kazimir Malevich
Kazimir Malevich naît en 1879 à Kiev, dans une famille d'origine polonaise. Il s'installe à Moscou en 1904 et suit les cours de l'école de peinture, de sculpture et d'architecture de la Société d'encouragement des arts. Il se familiarise d'abord avec le postimpressionnisme et l'impressionnisme, puis découvre en 1912, lors d'un voyage à Paris, l'œuvre de Picasso, Braque et Léger. Cette rencontre est décisive : il s'engage résolument dans la voie du cubisme et commence à décomposer les formes avec rigueur. En 1913, il cofonde le groupe « Queue d'âne » avec Natalia Gontcharova et Mikhaïl Larionov, participant activement aux polémiques de l'avant-garde russe. L'année 1915 marque un tournant majeur : il expose à Saint-Pétersbourg la toile fondatrice du suprématisme, « Carré noir sur fond blanc », véritable manifeste visuel d'une abstraction radicale. Cette œuvre, présentée dans le coin des icônes lors de l'exposition « 0,10 », scandalise autant qu'elle fascine, et pose les bases d'un nouveau langage plastique. Quelques années plus tard, Malevich approfondit ses recherches avec « Carré rouge, carré noir et blanc » (1915) et surtout « Composition suprématiste : Blanc sur blanc » (1918), où le carré s'efface presque entièrement dans une méditation silencieuse sur la pureté et l'infini. Persécuté par le régime soviétique qui reproche à son art son formalisme, il est emprisonné brièvement en 1930. Il meurt en 1935 à Leningrad, laissant derrière lui une œuvre qui a irrigué toute l'abstraction du XXe siècle, de l'art concret à l'art minimal. Son héritage reste vivace : les artistes contemporains, de Donald Judd à Anish Kapoor, continuent de dialoguer avec son geste inaugural.
#26Vladimir Tatline
Vladimir Tatline naît en 1885 à Kharkov, dans l'Empire russe, et grandit dans un milieu modeste. Sa formation initiale le conduit vers l'art de l'icône, puis il rejoint l'école de peinture, sculpture et architecture de Moscou, où il étudie auprès d'artistes russes traditionnels. Très tôt, il s'implique dans les milieux d'avant-garde, côtoyant Larionov, Gontcharova et les futuristes russes — Mikhaïl Larionov et Ilia Zdantsev l'influencent profondément. Le tournant décisif survient en 1913, lors de son séjour à Paris. Il fréquente l'atelier de Picasso, découvre le cubisme de l'intérieur et s'imprègne des recherches sur la forme et l'espace. De retour en Russie, il synthétise ces acquis avec l'esprit constructiviste naissant pour inventer ce qu'on appellera le « contre-relief ». Sa première œuvre majeure, le Contre-relief d'angle, réalisée en 1914-1915, marque une rupture : assemblages de matériaux industriels — bois, métal, carton — qui n'imitent plus le réel mais construisent un objet plastique autonome dans l'espace. C'est pourtant le Monument à la IIIe Internationale, conçu entre 1919 et 1920, qui le rend légendaire. Cette tour spirale de plus de quatre cents mètres, destinée à abriter les institutions communistes, mêle structure métallique et volumes rotatifs — un manifeste architectural autant qu'une prouesse d'ingénierie utopique. Jamais réalisée à grande échelle, elle reste un mythe fondateur. Tatlin dirige ensuite le VKhUTEMAS, enseigne, puis se consacre au Letatlin, un vélo volant conçu dans les années 1930. Marginalisé sous Staline, il meurt en 1953 à Moscou. Son héritage irrigue l'art conceptuel, le design industriel et l'architecture contemporaine : de Zaha Hadid à l'Artschwager, l'invention tatlinienne de l'objet-sculpture habite encore notre regard.
#27El Lissitzky
El Lissitzky (1890-1941), de son vrai nom Lazar Markovich Lissitzky, est un artiste, designer et théoricien russe qui a joué un rôle de premier plan dans la diffusion du constructivisme et du suprématisme en Europe. Né à Potchinok en Biélorussie dans une famille juive, il étudie l'architecture à Darmstadt en Allemagne en 1909-1914, puis revient à Moscou où il rencontre Malevitch, Tatline et Popova en 1919. Lissitzky devient le principal exportateur des avant-gardes russes. Il collabore avec Malevitch en 1919-1920 pour illustrer les catalogues Supremus, et invente les « Prouns » — des compositions abstraites à mi-chemin entre peinture, architecture et typographie. Il expose à Berlin en 1921 et 1922, où il rencontre van Doesburg, Moholy-Nagy et Richter, et participe activement à l'Internationale constructiviste. Il dessine en 1924 le célèbre slogan « Le rouge est entré dans le coin » pour l'URSS, et l'année suivante la couverture du livre de Maiakovski, La guerre est déclarée. Dans les années 1930, il souffre de tuberculose et se tourne vers les commandes officielles, notamment l'exposition internationale de New York en 1939 où il représente l'URSS avec un pavillon conçu par Melnikov. Il meurt à Moscou en 1941. Son apport principal est d'avoir servi de pont entre l'avant-garde russe et l'avant-garde occidentale, et d'avoir théorisé un art géométrique à vocation sociale. Le MoMA de New York lui a consacré une rétrospective majeure en 2010.
#28Alexander Archipenko
Né à Kiev en 1887, Alexander Archipenko commence sa formation à l'École des beaux-arts de Kiev en 1902, où il étudie la peinture avant de se tourner vers la sculpture. En 1908, il s'installe à Paris, ville qui va bouleverser son approche artistique. C'est dans la fièvre du Bateau-Lavoir qu'il rencontre les pionniers du cubisme — Georges Braque et Pablo Picasso — et qu'il découvre, vers 1909-1910, les principes de la fragmentation des formes qui vont révolutionner son vocabulaire plastique. Très vite, Archipenko ne se contente pas d'adopter le cubisme : il le prolonge, notamment par ses recherches sur le vide. Dès 1912, sa célèbre « Femme marchant » (Walking Woman) bouleverse la statuaire en abolissant la masse au profit de la transparence : les volumes sont creusés, les pleins et les creux s'équivalent. L'année suivante, en 1913, il réalise « Le Combat de boxe » (Boxing Match), une sculpture polychrome où figures et mouvement s'inscrivent dans une géométrie cubiste éclatée. Archipenko innove encore avec ses « sculto-peintures », associant bois, métal, toile et couleur dans un même objet, brouillant la frontière entre sculpture et peinture. Il développe aussi la technique du collage en relief. Son atelier parisien de la Cité Falguière devient un lieu de rencontre incontournable pour l'avant-garde. Contraint à l'exil par la guerre, Archipenko émigre aux États-Unis en 1923. Il enseigne dans plusieurs institutions, notamment à la New School for Social Research et à l'Université de Washington, formant une génération d'artistes. Son influence demeure considérable sur la sculpture moderne, tant par son traitement novateur du vide que par son hybridation des disciplines plastiques.
#29Jacques Lipchitz
Jacques Lipchitz (1891-1973) est l'un des plus grands sculpteurs cubistes du XXe siècle. Né à Druskininkai en Lituanie dans une famille juive aisée, il s'installe à Paris en 1909 pour étudier à l'École des Beaux-Arts et à l'Académie Julian. Il y rencontre Picasso, Juan Gris, Braque et Modigliani, et s'installe à Montparnasse où il fait partie de la bande de La Ruche. Lipchitz commence à sculpter dans le style cubiste vers 1913. Sa technique est unique : au lieu de tailler directement dans la pierre ou le bois, il modèle des volumes en plâtre qu'il fait fondre en bronze, ce qui lui permet de saisir la transparence et la fragmentation des formes cubistes en trois dimensions. En 1916, il signe sa première grande œuvre cubiste, le Portrait de Gertrude Stein, suivi du Baigneur en 1917 et de la Joie de vivre en 1927. Dans les années 1920, son style s'ouvre, devient plus baroque, plus mythologique. Il réalise des compositions monumentales comme la Joie de vivre (New York, MoMA) ou la Figure (Paris, Musée d'Art Moderne). En 1941, fuyant l'Occupation, il s'installe à New York où il reste jusqu'à sa mort. Lipchitz est l'un des rares sculpteurs à avoir poussé aussi loin la logique cubiste. Il dialoguait avec Picasso, et plusieurs de ses œuvres des années 1910 prolongent les recherches de l'atelier de Picasso aux Bateau-Lavoir. Sa double postérité est d'abord celle d'un sculpteur majeur du XXe siècle, et ensuite celle d'un passeur entre Paris et New York, formé dans la bohème montparnassienne et installé dans l'expressionnisme abstrait new-yorkais. Jacques Lipchitz est mort en 1973 à Capri, en Italie, et son fonds d'atelier est conservé au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.
#30Henri Laurens
Né à Paris en 1885, Henri Laurens commence sa formation à treize ans chez un entrepreneur en maçonnerie, où il apprend le métier de tailleur de pierre. C'est en exerçant ce travail artisanal qu'il se familiarise avec les volumes, la matière et la composition géométrique — une école de la forme qui nourrira toute son œuvre à venir. Autodidacte, il se tourne vers la sculpture au tournant des années 1910. La rencontre décisive a lieu en 1911 : il croise Georges Braque dans le quartier de Montmartre et les deux hommes nouent une amitié étroite. Braque l'initie aux recherches picassiennes, à la déconstruction de l'espace et à la palette sourde qui sont en train de fonder le cubisme. Laurens devient rapidement l'un des sculpteurs du mouvement, traduisant les principes analytiques en volumes. En 1914, son « L'Échanson », figure schématique traitée en plans assemblés, marque une étape majeure de la sculpture cubiste. Il collabore avec Braque jusqu'à la guerre, puis participe activement à l'aventure du papier collé. Après 1915, Laurens se consacre aux sculptures en bois polychromes et collages. Ses illustrations pour les recueils poétiques — notamment pour Pierre Reverdy ou Georges Hugnet — comptent parmi les plus belles de l'époque, alliant fragments érotiques et papier marbré. Dans les années trente, sa manière s'assouplit vers des formes plus libres, courbes et monumentales. Établi à la confluence
Comprendre
Les trois branches du cubisme
Le cubisme n'est pas un bloc monolithique. Il s'est ramifié très vite en plusieurs approches, parfois contradictoires, qui se sont répondu d'un pays à l'autre.
1. Le cubisme analytique (1909-1912)
Picasso et Braque, à Montmartre puis à Céret, déconstruisent l'objet en plans, facettent les volumes, n'utilisent plus qu'une palette réduite de bruns et d'ocres. Le modèle est encore reconnaissable, mais morcelé en perspectives simultanées. Portrait d'Ambroise Vollard par Picasso (1910), Maisons et arbre Braque (1908) : ici naît la grammaire cubiste.
2. Le cubisme synthétique (1912-1914)
Toujours Picasso et Braque, suivis de Juan Gris et de l'Espagnol Daniel-Henry Kahnweiler (le marchand qui pousse la logique), réintroduisent la couleur, les collages (papier journal, faux bois), les formes simplifiées. L'objet redevient lisible, mais reconstruit par l'esprit plus que par l'œil. La différenciation entre les deux cubismes est officialisée par Apollinaire en 1913.
3. L'orphisme, le suprématisme et les dissidences (1912-1920)
Robert Delaunay, avec ses disques simultanés et sa tour Eiffel, invente l'orphisme : un cubisme de la couleur pure, prémonitoire de l'abstraction. À Moscou, Malevitch proclame le suprématisme (Carré noir sur fond blanc, 1915), Tatline construit ses contre-reliefs, Lissitzky dessine ses Prouns. À Paris, le Purisme de Le Corbusier et Ozenfant tente un retour à l'ordre, sans rompre avec l'héritage cubiste.
Questions fréquentes
Cinq questions qu'on se pose sur le cubisme
Pourquoi Picasso est premier dans notre classement par "influence historique" ?
Notre classement ne vise pas à comparer les génies, mais à montrer la chronologie et l'arbre généalogique du mouvement. Cézanne en précurseur (#3) aurait pu figurer plus haut, mais son cubisme est plus une intention qu'une méthode aboutie.
Pourquoi si peu de femmes dans la liste ?
Parce que l'histoire du cubisme les a longtemps invisibilisées. Nous avons fait le maximum pour en intégrer (Sonia Delaunay, Olga Rozanova, Lyubov Popova, Nadezhda Udaltsova). Il en reste probablement que nous n'avons pas vues : n'hésitez pas à nous en suggérer d'autres en commentaire.
Les sculpteurs ont-ils leur place dans un classement de peintres ?
Oui, dès que leur travail dialogue frontalement avec la peinture cubiste. Lipchitz, Archipenko, Laurens, Duchamp-Villon et Zadkine ont tous exposé aux côtés de Picasso et des Sections d'or. Les exclure reviendrait à raconter une histoire tronquée.
Pourquoi avoir inclus Bakst, qui n'est pas cubiste ?
Bakst est un cas limite. Il a côtoyé les cubistes au Salon d'Automne et aux Ballets russes, et son travail sur la couleur a nourri l'orphisme. Si vous estimez qu'il n'a rien à faire ici, vous avez probablement raison — c'est un choix éditorial assumé pour la richesse du panorama.
Le cubisme est-il vraiment un mouvement terminé ?
Non : sa grammaire est reprise par l'art contemporain à chaque génération. Les néo-cubistes des années 1950-1970, l'abstraction géométrique, le minimalisme, une bonne partie de l'art conceptuel en sont les héritiers directs. Le cubisme a surtout fermé la parenthèse de la peinture illusionniste ouverte à la Renaissance.
Pour continuer la visite
Sources, collections et chemins vraiment liés au sujet
Quelques références utiles pour vérifier les informations, comparer les images libres et prolonger la lecture sans partir dans un musée qui n'a rien demandé.
Peintres à (re)découvrir dans nos Top N
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Hubs utiles du blog
Sources utiles sur ce sujet
- Wikipedia FR — Cubisme
- Wikipedia EN — Cubism
- Centre Pompidou — collection cubisme
- MoMA New York — section cubisme
- Tate Modern — définition du cubisme
- Web Gallery of Art — Base Vinci
- Wikidata — mouvement cubisme (Q42515)
- The Met — Heilbrunn Timeline (Cubism)
- National Gallery of Art — Washington
- Museo Reina Sofia — Les Demoiselles d'Avignon
Emporter un peu de cette géométrie chez soi
Le cubisme a changé notre façon de voir. Une reproduction de Picasso, de Braque ou de Malevitch, posée au bon endroit, suffit à faire entrer cette révolution chez vous : la fragmentation d'un portrait, la simultanéité d'une ville, l'audace d'une nature morte. Toutes les œuvres de ce Top 30 sont disponibles en reproduction sur toile dans notre collection — avec un soin particulier porté à la fidélité des couleurs et des formats d'origine.



















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